Ce vendredi soir, l’artiste et artisan d’art carpentrassien Guillaume AZNAR inaugure une œuvre magistrale, fruit de près de dix années de travail : « Les Fresques Murales de Carpentras ». Un mur de 35 mètres de long transformé en une galerie à ciel ouvert, à découvrir au 193 Chemin de Saint-Labre.
L’idée est née d’un grand mur nu, bordant son atelier-showroom. Plutôt qu’un simple crépi, Guillaume AZNAR a décidé d’en faire sa plus grande toile et sa plus belle vitrine. « J’ai voulu le décorer pour faire parler de moi », explique-t-il avec simplicité. Le résultat est une composition de neuf fresques en mosaïque, chacune mesurant entre quatre et cinq mètres de long sur plus de deux mètres de haut.
Chaque panneau est une invitation au voyage, explorant un univers unique :
Une telle œuvre ne se crée pas en un jour. Si chaque fresque a nécessité entre trois et quatre mois de travail intensif, le projet global s’est étalé sur près d’une décennie. « Je n’ai pas travaillé dessus tous les jours, j’ai commencé il y a une dizaine d’années », précise l’artiste.
La technique est minutieuse. Tout commence par un dessin directement sur le mur. Ensuite, vient la découpe et l’assemblage des matériaux. Guillaume AZNARD aime la richesse des textures : « Je mélange beaucoup d’éléments : du perlage, de la pierre, des émaux de Briare, des pâtes de verre italiennes, du miroir, et même des petits éléments en bois ». Le niveau de détail détermine le temps passé, faisant de chaque fresque une pièce d’artisanat unique.
Carpentrassien depuis plusieurs générations et petit-neveu d’Edgar Soumille (qui a donné son nom à l’aérodrome local), Guillaume AZNAR est profondément attaché à sa ville. On lui doit notamment la remarquable restauration des mosaïques de la synagogue de Carpentras.
Il navigue avec aisance entre deux mondes : la préservation et la création. « Pour la synagogue, il fallait reproduire ce qui a été fait il y a 700 ans, en utilisant des techniques romaines anciennes avec du marbre et du granit », explique-t-il. « Mes fresques, c’est l’inverse. C’est le côté créatif qui s’exprime, où je réalise les idées que j’ai dans la tête, dans un style plus moderne. » Cette dualité témoigne de sa maîtrise technique, acquise en France puis perfectionnée en Italie.
Inspiré par les œuvres monumentales comme le Jardin des Tarots de Niki de Saint Phalle, Guillaume AZNAR rêve de projets d’envergure. Il souhaite notamment développer des fresques participatives pour des collectivités ou des communes, où il serait le chef de projet et où les habitants (enfants, retraités, passionnés) pourraient mettre la main à la pâte. « J’ai bien aimé cet esprit participatif lors d’un projet dans un restaurant à Paris », confie-t-il.
Son art s’adresse également aux particuliers désirant une pièce unique pour décorer une maison ou le mur d’une piscine.
Un immense talent local à découvrir, dont l’œuvre nouvelle embellit un peu plus le patrimoine de Carpentras.
